RunInnov. Summit – Atelier : Croissance et maîtrise

Il y a encore cinq ans, s’inscrire à une course à pied relevait d’une démarche quasi solitaire. Aujourd’hui, certains événements affichent complet en quelques minutes, les réseaux sociaux regorgent de contenus running, et la moitié des coureurs que vous croisez sur un départ ont commencé à courir… depuis le Covid-19. 49,9 % exactement, selon notre enquête menée auprès de 2 022 coureurs du Grand Ouest.

La course est devenue un phénomène de masse. Et c’est précisément là que les choses peuvent se compliquer.

Sur le terrain, le 11 juin. 

Au RunInnov. Summit, les organisateurs/coureurs et plus particulièrement François Almange, directeur général du Cercle Paul Bert, et David Hervelin, membre organisateur du Marathon Vert Rennes et du Rennes Urban Trail, ont pris la parole sur un sujet que peu d’entre nous voient depuis la ligne d’arrivée : comment gérer cette croissance sans en perdre le contrôle ?

Car derrière les dossards vendus en quelques secondes, il y a des équipes qui jonglent avec la sécurité des coureurs, la gestion des flux, les files d’attente aux inscriptions et les bourses aux dossards pour gérer les désistements de dernière minute. Des réalités que les 57 % de coureurs qui cherchent leurs courses en ligne n’imaginent pas forcément.

Un sport pour tous, mais jusqu’où ?

Ce qui rend la situation particulièrement complexe, c’est que la croissance du running tient à ce qui fait sa force : son accessibilité. Pas besoin de licence, pas besoin d’équipement sophistiqué, pas besoin d’être un athlète confirmé. Résultat, seulement 38,7 % des coureurs sont licenciés FFA, les autres sportifs évoluant en dehors de tout cadre fédéral, ce qui rend leur profil difficile à anticiper pour les organisateurs.

À cela s’ajoutent des causes structurelles identifiées lors des échanges : le manque de médecins disponibles, un soutien insuffisant des collectivités mais un intérêt croissant des plus jeunes pour le sport. Un signal qui indique que le running ne ralentira pas de sitôt.

Ce que les organisateurs proposent

Les pistes évoquées ce jour-là sont pragmatiques : mettre en place des navettes pour fluidifier les arrivées sur site, augmenter le nombre de courses pour absorber la demande, réserver une partie des dossards aux licenciés, et alléger les contraintes pesant sur les médecins pour faciliter l’accès aux certificats.

Des solutions concrètes, portées par des gens qui organisent des événements chaque année et qui savent mieux que quiconque ce que coûte (en temps, en énergie et en responsabilité) un running en pleine ébullition.

La question reste entière : la course à pied peut-elle continuer à grandir sans se perdre ? Les débats du 11 juin n’ont pas tranché. Mais ils ont au moins posé les bonnes questions pour la suite.