Le 11 juin dernier, le RunInnov. Summit réunissait coureurs, passionnés et organisateurs pour parler entre autres d’un sujet qui agite la communauté : les inscriptions aux courses.
Les résultats de l’enquête menée en amont de l’évènement par Run In One et MediaSchool Rennes auprès de 2022 coureurs du Grand Ouest sont sans détour.
Le problème principal ? Les courses se remplissent trop vite. 79,5 % des répondants le citent comme premier frein à l’inscription. Vient ensuite le prix du dossard, jugé trop élevé par 64,3 %, un enjeu qui dépasse le simple confort et touche à l’accessibilité socio-économique du sport. La logistique trop complexe complète le podium avec 30,6 %.
Pour y remédier, les coureurs privilégient l’idée du « premier arrivé, premier servi » (35 %), devant la priorité aux licenciés (25 %) et le tirage au sort (13 %). Augmenter les prix ? Presque personne n’y est favorable.
Sur le fond, quatre grandes questions ont animé les échanges.
Le passage aux inscriptions 100 % en ligne fait globalement l’unanimité : plus de sécurité, meilleure centralisation des données, gestion simplifiée des dossards. Une réserve subsiste néanmoins pour les coureurs plus anciens, attachés à l’inscription par courrier, une réalité que les organisateurs ne peuvent pas totalement ignorer.
La quantité d’informations demandées à l’inscription divise davantage. Certains jugent utile de tout collecter dès le départ (tailles de t-shirts, gestion du SAS de départ…) quand d’autres craignent une démarche trop commerciale qui décourage les participants. Une solution a émergé des débats : inscrire d’abord, compléter le profil ensuite.
Le paiement en plusieurs fois, lui, a été clairement rejeté. L’achat d’un dossard doit rester un engagement, estiment la majorité des participants, qui redoutent une hausse des désistements. Seule concession envisagée : l’empreinte bancaire comme compromis entre souplesse et engagement.
Enfin, sur l’évolution des comportements depuis la crise sanitaire, le consensus est large : les coureurs sont aujourd’hui plus exigeants, plus hésitants, et s’inscrivent souvent sans certitude d’être disponibles le jour J. Un phénomène qu’une partie des participants attribue aussi à un effet de mode qui influence profondément les choix d’inscription.
Le message envoyé ce jour-là est simple : l’expérience d’inscription est devenue presque aussi importante que la course elle-même.
L’avis de Run In One.
L’engouement croissant pour la course à pied transforme les enjeux liés aux inscriptions. Si certaines épreuves affichent complet en quelques minutes, d’autres peinent encore à remplir leurs quotas, ce qui invite à repenser les modèles actuels.
Notre enquête montre que le système du « premier arrivé, premier servi » reste apprécié pour sa simplicité, même s’il génère des frustrations. Le tirage au sort apparaît comme une alternative intéressante, à condition de garantir une réelle équité entre les participants.
Nous pensons également que des systèmes de priorité, comme c’est déjà le cas sur certains grands trails, pourraient être envisagés pour valoriser les coureurs qui participent régulièrement à des courses locales ou de plus petite envergure, sans pour autant fermer l’accès aux autres participants. Chaque participation permettrait d’accumuler des points donnant un accès prioritaire aux courses les plus prisées.
Plus largement, c’est l’ensemble du parcours coureur qui doit gagner en fluidité, de l’inscription jusqu’au jour de la course. C’est précisément l’ambition de Run In One : accompagner l’évolution du running en proposant une expérience plus simple, plus cohérente et plus efficace pour tous.