RunInnov. Summit – Atelier : Running & éco-responsabilité

Le 11 juin dernier, c’est Sylvain Plantard, organisateur de la Rennaise et Alban Lacoste, responsable développement commercial chez EcoTree qui ont mené l’échange axé sur l’éco-responsabilité. Aujourd’hui, retour sur cette thématique : que font déjà les coureurs, et quelles pistes concrètes ont émergé des ateliers ?

Des coureurs déjà engagés dans les gestes verts
L’enquête menée par Run In One et MediaSchool Rennes dresse un portrait encourageant. 78,4 % des coureurs trient leurs déchets sur une course, 77,4 % des traileurs utilisent régulièrement un gobelet personnel, et 53,2 % optent déjà pour un moyen de transport écologique pour se rendre sur les événements. Des habitudes bien ancrées, qui témoignent d’une communauté globalement sensibilisée.

Payer plus pour l’écologie ? Oui, mais pas sans nuances
La disposition à payer davantage pour des courses plus vertes existe, mais elle varie selon les profils. Les débutants sont les plus enthousiastes : 81,5 % y sont favorables, contre 67,5 % des coureurs plus expérimentés. Chez les traileurs, le taux monte à 75,9 %, contre 65,9 % pour les coureurs sur route. Les plus de 50 ans, eux, affichent 71,8 % d’accord, mais 70,4 % d’entre eux jugent déjà le dossard trop cher. Une tension réelle entre volonté d’agir et contrainte budgétaire, que les organisateurs ne peuvent ignorer.

Les idées concrètes issues du colloque
Les échanges du 11 juin ont permis de faire remonter des propositions très opérationnelles, organisées autour de trois axes.
Sur les transports, il est préconisé de privilégier les courses locales, d’encourager le vélo et le covoiturage, et de récompenser par des lots supplémentaires les coureurs qui viennent avec un moyen de transport écologique.
Sur les déchets, le consensus est clair : supprimer les bouteilles plastiques au profit de gobelets individuels, installer des rampes à eau sur les parcours, et généraliser l’éco-cup consigné et réutilisable d’une édition à l’autre.
Sur les lots, la piste est ambitieuse : abandonner le tee-shirt systématique au profit de lots consommables, proposer des médailles en bois fabriquées en France, ou encore offrir le choix entre un lot classique et la plantation d’un arbre (une initiative déjà expérimentée au Marathon de Paris).

Le constat est clair : les coureurs sont prêts à s’engager. Aux organisateurs de trouver l’équilibre entre écologie et économie.


L’avis Run In One

Quand un organisateur monte sa course, sa priorité reste la réussite de l’événement pour les coureurs comme pour les spectateurs. Il dispose pourtant de peu d’outils pensés pour l’environnement : le geste écologique lui est souvent imposé par la loi (comme la loi AGEC sur les gobelets jetables) ou laissé à sa seule bonne volonté. 

Le running a déjà connu des évolutions positives : des rampes à eau à la place des bouteilles plastiques, des tote bags réutilisables, des gobelets personnels adoptés par les coureurs. La prochaine étape sera sans doute la puce de chronométrage à usage unique, devenue la norme depuis les années 2000 mais qui ne devrait pas être une fatalité. C’est pourquoi Run In One a lancé une pré-étude d’Analyse du Cycle de Vie et d’éco-conception de son produit. 

Les déplacements des participants restent la première source d’émissions, mais multiplié par les 4,5 millions d’inscriptions annuelles en France, chaque petit geste compte. L’enquête le confirme : le tri des déchets est entré dans les habitudes, les gobelets réutilisables se généralisent (notamment en trail), et de nombreux coureurs privilégient les événements proches de chez eux. 

Chez Run In One, l’éco-responsabilité se traduit par des actions concrètes : partenariats pour mutualiser matériel et compétences, réutilisation des équipements d’un événement à l’autre. Nous sommes convaincus que l’écologie ne doit jamais être une contrainte de plus pour l’organisateur, mais un choix qui lui revient : notre rôle est de lui en donner les moyens.